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Les débuts de la colonisation En 1497 et 1498, Vasco de Gama contourna le cap de
Bonne-Espérance pour faire route à travers l'océan Indien. Le 27 mai 1498, il jeta l'ancre dans le port de Calicut, sur la côte de Malabar. Nouant des relations amicales avec le royaume du Dekkan, alors dominant, les Portugais obtinrent le monopole du commerce maritime avec l'Inde qu'ils conservèrent pendant un siècle. Au début du XVIIe siècle, la Compagnie hollandaise des Indes orientales y mit un terme. Élisabeth I, reine d'Angleterre, avait accordé une charte à une société commerciale comparable, la
Compagnie anglaise des Indes orientales, qui négocia avec l'empereur moghol, Jahangir, et
aboutit, en décembre 1612, à la fondation du premier comptoir commercial anglais à
Surat, dans le golfe de Khambhat.
Malgré diverses tentatives d'évincement de la part des Portugais puis des Hollandais,
les Anglais s'implantèrent solidement en Inde au cours du XVIIe siècle. La
Compagnie anglaise des Indes orientales élargit progressivement sa sphère d'influence,
notamment en Orissa (1633) ainsi qu'à Madras (1639) et à Bombay (rachetée au Portugal
en 1661). En 1690, elle fonda Calcutta, qui devint la première capitale des Indes
britanniques.
Rivalités
franco-britanniques Les Français, qui commerçaient avec
l'Inde depuis 1675, menaçaient le monopole de Compagnie anglaise des Indes orientales. En
1746, une flotte française s'empara de Madras. La ville fut restituée en 1748 mais, en
1751, un nouveau conflit éclata et se termina par la victoire britannique, remportée par
Robert Clive sur le nabab du Bengale, à Plassey, en 1757. Aux termes de l'accord signé
à la fin du conflit européen, les possessions françaises en Inde furent réduites à
quelques comptoirs commerciaux.
L'essor
de l'emprise britannique La Compagnie des Indes orientales
disposait de positions stratégiques dans le Bengale, province la plus peuplée de l'Inde,
et dans certains régions importantes du Dekkan. La Compagnie, société commerciale
privée, obtint en 1773 le statut semi-officiel d'organisme du gouvernement britannique.
L'application de la politique britannique dans le pays fut facilitée par le vide
politique laissé après la bataille de Panipat (1761) et l'insuffisante autorité de
l'Empire moghol et de la Confédération marathe.
Pour atteindre leurs objectifs, les Britanniques s'appuyèrent sur leur puissance
militaire et sur la corruption, l'extorsion et la manipulation politique de dirigeants
indiens désunis. Les résistances de certains États indiens (Confédération marathe,
Mysore, Sind, Panjab) demeurèrent vaines face à l'exploitation exercée par la
Compagnie.
En 1849, James Ramsay, marquis de Dalhousie, gouverneur général de la Compagnie des
Indes orientales annexa le Panjab au prix d'une sanglante répression. Il étendit
l'emprise britannique en prenant le contrôle de divers royaumes et souleva une profonde
hostilité au sein de la noblesse et du peuple. Les innovations apportées et les
restrictions imposées à la tradition sikh, ainsi qu'au commerce des esclaves,
furent en effet accueillies avec méfiance et un ressentiment croissant.
La
révolte des Cipayes
La révolte des Cipayes, en 1857, constitua la plus grave
crise à laquelle furent confrontés les occupants britanniques. Elle intervint alors que
les milieux traditionalistes voyaient avec inquiétude les Britanniques poursuivre, dans
les années 1850, la modernisation du pays (construction du premier chemin de fer,
création de la poste et du télégraphe) et prendre des mesures novatrices (fin de
l'immolation des femmes sur le bûcher funéraire de leur époux et autorisation donnée
aux veuves de se remarier). Les cipayes (soldats indigènes qui servaient dans l'armée
britannique des Indes, au nombre de 190 000 à
l'époque) se révoltèrent après qu'on leur eut distribué des cartouches enduites de
graisse bovine, et qu'ils devaient mordre pour les décapsuler. La révolte éclata à
Meerut le 9 mai 1857, se développa dans le centre
et le nord du pays, et les mutins occupèrent rapidement Delhi puis Lucknow. Cependant,
leur inorganisation permit aux Britanniques de reprendre la situation en main et en mars
1858, ces derniers, sous la direction de lord Canning, avaient complètement rétabli leur
domination, qu'ils renforcèrent par de sévères représailles (notamment à Delhi où
des milliers de personnes furent tuées, souvent sans jugement) et une réorganisation de
l'administration: le
Parlement britannique vota l'Act for the Better Government of India qui plaçait
l'administration du pays sous l'autorité de la Couronne britannique. Un secrétaire
d'État pour l'Inde fut nommé à Londres. Le gouverneur général de l'Inde devint
vice-roi, en l'occurrence lord Canning jusqu'en 1862.
L'Inde
britannique et le regain nationaliste D'importantes réformes fiscales, gouvernementales,
judiciaires, éducatives et sociales furent entreprises sous la direction des vice-rois
successifs. La vie économique connut un grand essor qui fut favorisé par le
développement des communications. De grandes exploitations agricoles tournées vers
l'exportation apparurent, au détriment de l'agriculture villageoise. Lord Rippon,
vice-roi de 1880 à 1884, joua un rôle actif pour associer davantage les Indiens à
l'administration de leur pays. Symbole de l'établissement définitif des Britanniques en
Inde, le 1er janvier 1877, le Premier ministre britannique Benjamin Disraeli fit proclamer la reine Victoria
impératrice des Indes. Ces progrès n'étouffèrent pas cependant le ressentiment de
nombreux Indiens, la plupart misérables, à l'égard de l'occupant britannique, ainsi que
l'essor d'un sentiment nationaliste, attisé par les famines qui s'abattaient sur le pays
(1,5million de morts en
Orissa en 1866).
Au tournant du XXe siècle, les troubles politiques et sociaux s'accrurent en Inde.
Les membres de l'élite intellectuelle indienne mêlèrent efficacement des aspects des
cultures et pensées occidentales et orientales. L'Indian National Congress (Congrès
national indien), fondé en 1885, aiguisa la conscience politique des masses et relança
le mouvement pour l'unification du pays. Le poète Rabindranath Tagore soutint longuement
la cause de l'unité indienne. L'Indian National Congress, après la victoire nipponne de
1905, multiplia les manifestations d'hostilité envers l'autorité britannique.
Le gouvernement britannique réagit par le durcissement de la répression et un Code
pénal spécifique fut adopté. Ainsi, les personnes accusées de trahison pouvaient être
jugées lors d'un procès sans jurés, et les fauteurs de troubles pouvaient être
déportés ou sommairement emprisonnés. Cependant, en 1909, l'India Councils Act
accorda à l'Inde un certain degré d'autonomie mais, considérant cette concession
insuffisante, le mouvement national se poursuivit. Le début du siècle vit la création
de la Ligue musulmane (1906), encouragée par le gouvernement britannique dans la mesure
où elle détournait de nombreux Indiens musulmans de la lutte pour l'indépendance.
Cependant, l'Indian National Congress gagnait de nouveaux adeptes.
Campagne commune
À l'annonce de la Première Guerre mondiale, de nombreux
hindous et musulmans se rallièrent à la cause britannique, et plus d'1,2 million d'entre eux participèrent à l'effort de guerre. Le
mouvement nationaliste, d'abord silencieux, recommença sa campagne à l'automne 1916 par
une déclaration commune de revendications émanant de l'Indian National Congress et de la
Ligue musulmane (pacte de Lucknow, novembre 1916). Celle-ci avait dû abandonner sa
politique pro-britannique lorsque l'Empire ottoman, musulman, entra en guerre aux côtés
des Empires centraux. Le gouvernement britannique fit en retour une déclaration de
principe, en août 1917, qui promettait d'accroître le nombre des Indiens dans chacune
des branches de l'administration et de mettre progressivement sur pied des organes
autonomes dans le pays.
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