|
La première grande civilisation que connut la
péninsule indienne fut la civilisation dite «de l'Indus», qui connut son apogée entre
environ 2500 et 1750 av. J.-C. Au cours du IIe millénaire, l'invasion aryenne, en provenance d'Asie centrale, fut
à l'origine de l'adoption de leur langue, de la religion védique, du sanskrit et du
système de castes.
Période védique
Le Veda, recueil de textes sacrés remontant à environ 1200 av. J.-C., évoque cette
civilisation remarquable dont certaines caractéristiques, notamment l'hindouisme, se
mirent alors en place. Le royaume de Magadha sur le territoire de l'actuel Bihar, devint,
vers le milieu du VIe siècle av. J.-C., le principal État de
l'Inde. Sous le règne de son premier grand souverain, Bimbisara (roi de 543 à 491 av. J.-C.), Bouddha et
Vardhamana Jnatiputra ou Mahavira, fondateurs respectifs du bouddhisme et du jaïnisme, y
prêchèrent et enseignèrent. L'expédition d'Alexandre le Grand à travers l'Hindu Kush,
dans le nord de l'Inde, en 326 av. J.-C., ne devait pas avoir d'influence politique et
culturelle notables.
La
dynastie Maurya
En 321 av. J.-C., Chandragupta, profitant du vide politique, s'empara du
royaume de Magadha, avant d'étendre son autorité sur l'essentiel du sous-continent. Sous
le règne d'Aßoka (273-232 av. J.-C.), le bouddhisme devint la religion dominante
de l'empire, dont l'enseignement était transmis par des universités telles que celles de
Nalanda et Taxila.
La dislocation de l'empire Maurya donna naissance à diverses dynasties. Cette période
fut marquée par la cabale menée approximativement entre 184 et 72 av. J.-C.
contre le bouddhisme en Inde qui aboutit à son effondrement et au triomphe du
brahmanisme. Le système de castes s'enracina alors dans la société indienne.
Une grande partie de l'Inde occidentale fut occupée vers 10 av. J.-C. par les
Shakas (Scythes) puis envahie par les Yueh-chih venus d'Asie centrale. Kadphises fonda la
dynastie des Kouchans vers 40 av. J.-C. qui domina ensuite une grande partie du
nord du pays. Des relations commerciales et diplomatiques s'établirent avec l'Empire
romain. Le bouddhisme prospéra notamment sous le règne de l'empereur et mécène
Kankshka, marqué par un essor considérable des mathématiques et des sciences.
L'Empire
des Gupta
La fondation, vers 320, de l'empire des Gupta par Chandragupta Ier devait donner naissance à une période de croissance économique et de
développement culturel de près de cent-soixante ans. L'hindouisme, après un long
déclin, renaquit tout en ayant assimilé certaines caractéristiques du bouddhisme.
Après avoir atteint son apogée sous le règne de Chandragupta II, fils du précédent, l'empire, qui dominait toute la partie nord
de l'Inde, s'effondra vers 550, aussi bien en raison de l'indépendance croissante des
feudataires que de l'invasion des Huns. Le nord de l'Inde passa par la suite sous la
domination d'un puissant royaume fondé en 606 par Harsa, dernier grand monarque
bouddhiste de l'histoire indienne. Son règne égala celui de la période Gupta en
matière de développement artistique. À la différence de la majorité des souverains de
l'Inde ancienne, Harsa est bien connu des historiens, notamment grâce aux récits du
pèlerin chinois Xuanzang, qui lui rendit visite. Après sa mort, son royaume se divisa en
une multitude de petits États et principautés dont les rivalités entraînèrent une
période de troubles qui ne prit fin qu'au début du XIe siècle.
Les
invasions musulmanes et mogholes
Cet éclatement politique favorisa, à
l'ouest du pays, l'émergence d'une nouvelle puissance solidement unifiée par l'islam,
dirigée par le chef de guerre Mahmud de Ghazni. Celui-ci lança, entre 1000 et 1027, une
série d'expéditions victorieuses sur les Indiens désunis. Vers 1025, Mahmud avait
déjà pillé de nombreuses villes indiennes, dont le très riche port de Somnath, et
annexé le Panjab.
Mohammad Ghori, vraisemblablement le véritable instigateur de la présence musulmane en
Inde, conquit la plaine indo-gangétique à l'ouest de Bénarès (prise de Lahore en 1186,
de Delhi en 1193, occupation du Bengale en 1202). Après sa mort, son esclave turc,
Qutb-al-Din Aibak, fonda le sultanat de Delhi, s'autoproclama sultan. Il fonda une
dynastie, dite «!des Esclaves!», qui se maintint jusqu'en 1290. À cette dynastie
succéda alors celle des Khalji, dont le second souverain, Ala-al-Din (1296-1316)
s'illustra par sa volonté à renforcer le royaume. Ses conquêtes furent nombreuses
(Dekkan et Gujarat notamment), mais les Moghols avaient déjà commencé à s'infiltrer
par les frontières du nord de ses possessions. La troisième dynastie musulmane, celle
des Tughluq, fondée en 1325, s'éteignit avec Firuz Tughluq (1351-1388), qui fut le
dernier grand sultan de Delhi. L'empire fut déchiré par des conflits révolutionnaires
et certaines provinces firent sécession!; cette situation continua à se détériorer
après le décès de Tughluq. Ainsi, lorsque le conquérant moghol Tamerlan mena ses
troupes en Inde (prise de Delhi en 1398), il ne rencontra qu'une assez faible résistance.
Son invasion victorieuse fut parachevée par la destruction de Delhi et le massacre de ses
habitants. Il quitta l'Inde un an plus tard, laissant Delhi ravagée et aux prises avec la
famine. À partir de 1414, le premier roi Sayyid y établit sa dynastie qui durera
jusqu'en 1451, date à laquelle Buhlul Lodi, fondateur de la lignée des rois Lodi,
s'empara du trône de Delhi. Ce dernier régna pendant près de quarante ans et réussit
à conquérir une grande partie de l'Inde du Nord. La dynastie s'effondra en 1526, victime
notamment des raids lancés par Babur, le «!Tigre!», roi de Kaboul et
arrière-petit-fils de Tamerlan. Il défit Ibrahim, dernier des Lodi, occupa toute la
vallée du Gange et fonda l'empire moghol.
L'empire moghol
Akbar, petit-fils de Babur, fut le plus grand des empereurs
moghols. Durant son règne (1556-1605), il assujettit les princes rebelles de nombreuses
régions (Panjab, Rajpoutana, Gujarat) et ajouta à ses territoires le Bengale, le
Cachemire, le Sind et l'Orissa. Doté de remarquables compétences d'administrateur, il
favorisa le commerce, instaura un système d'imposition équitable et encouragea la
tolérance religieuse. Son fils Jahangir lui succéda sur le trône d'Agra (devenue
capitale sous Babur) en 1605 et, sous le règne de son successeur, Shah Jahan (1628-1658),
l'Empire moghol atteignit son apogée culturelle et l'âge d'or de son architecture
monumentale, avec, notamment, le Taj Mahal d'Agra.
Shah Jahan fut destitué en 1658 par son fils, Aurangzeb, qui entra en guerre contre les
royaumes autonomes de l'Inde. La stabilité de son régime fut minée par les victoires
des Marathes et par les oppositions populaires soulevées par son fanatisme religieux et
sa politique hostile aux hindous. Son règne s'acheva à sa mort en 1707.
Les cinquante années suivantes virent le déclin de l'Empire moghol qui finit par
disparaître en tant qu'État. Hyderabad, fondé en 1712, fut l'un des premiers grands
États indépendants à émerger. Des invasions perses et afghanes accélérèrent la
chute de l'Empire. L'armée du souverain perse (Shah) Nader pilla Delhi en 1739, emportant
dans son butin un énorme diamant, le Koh-iNor, ainsi qu'un fabuleux trône en forme de
paon en or massif incrusté de pierres précieuses. En 1756, Delhi fut assaillie par le
Shah Alam II, émir afghan. Son armée fut
cependant vaincue le 7 janvier 1761 à Panipat par
les armées combinées des Marathes et des Sikhs. En 1764, un empereur moghol fantôme
regagna le trône mais son autorité, tout comme celle de ses successeurs, fut
insignifiante. Le pays, sujet d'âpres rivalités coloniales entre les puissances
maritimes européennes, glissait vers l'autorité britannique.
|