Dans de nombreux pays en voie de développement, vous serez souvent
accosté par des changeurs de devises travaillant au noir. Ils offrent un taux de change
supérieur à celui que vous pourrez trouver dans les banques. Ainsi en Inde, les
changeurs au noirs proposent un taux jusque 25% supérieur à celui d'une banque. Mais si
vous n'êtes pas un voyageur aguerri, mieux vaut ne pas céder à leurs sollicitudes. Vous
devez même faire preuve de la plus grande méfiance à leur égard. Voici quelques trucs,
conseils, informations au cas où vous vous laisseriez tenter.
> Sachez tout d'abord que certains d'entre eux travaillent avec la police. Dès
l'opération de change effectuée, voire pendant, un ou deux policiers viendront vous
demander votre passeport, le récépissé de change, l'adresse de votre hôtel, etc. Et si
vous n'êtes pas à même de prouver que vous avez changé cet argent dans une banque deux
solutions soit il vous faudra payer un bakchich à ces policiers pour qu'ils ferment les
yeux sur cette opération de change, soit ils saisiront cet argent. Si vous avez le
malheur de vous rebiffer ils vous amèneront au poste pour une longue et douloureuse
procédure judiciaire (garde à vue, procès, saisie de votre passeport dans l'attente du
procès, etc.). Un conseil, payez et ne vous énervez pas, c'est la règle du jeu, vous
avez joué, vous avez perdu.
> Quand ces changeurs ne sont pas acoquinés avec des policiers, il le sont avec
des voleurs. Au moment (ou après) où il vous remet la somme convenue, un voleur peut
venir vous l'arracher des mains et s'enfuir en courant. Et si vous avez le malheur de
demander au changeur de vous rembourser les devises que vous lui aurez préalablement
donné (c'est la règle), vous risquez de vous retrouver entouré d'une dizaine de
complices plus virulents les uns que les autres. Et seul Van Damme peut en venir à
bout... vous êtes Van Damme !? L'autre truc c'est le pickpocket qui vient vous bousculer
une fois le change effectué ou celui qui vient vous arracher votre sacoche.
> Il y a celui qui vous donnera de la fausse monnaie, avec tous les problèmes
que cela engendrera quand vous voudrez les dépenser.
> Un autre truc c'est de vous stresser. Le changeur prend l'air
apeuré, jette des yeux d'effroi partout, vous demande de faire vite. Il compte l'argent
devant vous, plie la liasse en quatre, et au moment de vous le donner crie
"police". Vous tourner la tête une fraction de seconde, et pendant ce court
laps de temps, il en profite, très rapidement, pour retirer de la somme soi disant
comptée, quelques billets. Vous regardez à nouveau les billets pliés en quatre, à vue
d'œil il vous semble que rien n'a bougé, mais quand arrivé à votre hôtel vous
recomptez les billets, vous vous apercevrez qu'il en manque quelques-uns uns. Ca m'est
arrivé, mais heureusement j'ai eu l'oreille assez fine pour entendre le léger bruit des
billets qu'on retire d'une liasse. Alors j'ai demandé au changeur de recomptez les
billets à nouveau. Il s'est excité m'a parlé de confiance (le terme préféré des
escrocs), m'a dit qu'il y avait la police etc. Alors je lui ai arraché les billets des
mains les ai recompté devant lui, et bien sur, il en manquait une dizaine. J'ai pris ça
à la rigolade (ne jamais dramatiser une situation tendue), genre on apprend pas au vieux
singe à faire la grimace, etc. Bon joueur il a souri et est parti à la recherche d'un
autre pigeon.
> Si malgré tout vous désirez toujours changer au noir, choisissez
des changeurs établis plutôt que des changeurs de rue. L'arrière boutique d'un marchand
de tissus ou de tapis par exemple. Là tranquillement devant une tasse de thé vous aurez
tout loisirs de marchander ses tarifs. Surtout si vous lui avez acheté un objet.
> Une dernière chose, n'exhibez jamais de grosses liasses de billets.
C'est un pousse au crime. |