Avant-propos
La Bilharioze est une maladie parasitaire due à la
pénétration à travers la peau d’un ver, le trématode, appelé plus communément
bilharzie, qui peut atteindre jusque 2cm de long. Celui-ci se loge dans les veines et la
maladie peut se manifester par des signes locaux ou des symptômes dus à une atteinte des
viscères. Cette maladie touche environ 200 millions d’habitants des zones rurales à
travers le monde. Avec l'amibiase, le choléra, et le paludisme, la bilharziose
représente un des problèmes majeurs de la santé public dans les zones tropicales.La
gravité de la maladie se mesure par le nombre d’oeufs retrouvés par gramme de
selles. Causes
> Chaque espèce de ver parasite une
espèce de mollusques d’eau douce bien précise. La transmission de la maladie
s’effectue au contact de l’eau contenant les larves.
> C’est la pénétration à travers la peau (transcutanée) de
cercaires (larves de trématode) qui provoque cette affection chez les individus
travaillant les pieds dans l’eau. La contamination se fait essentiellement dans les
rizières, lieu où les individus sont particulièrement exposés. Puis les bilharzies
s’installent dans les veines du malade à partir desquelles la femelle migre vers la
vessie ou les intestins, où les oœufs sont éliminés dans l’urine et dans les
selles.
Les variétés de Schistosoma
1 - Schistosoma haematobium
(bilharziose vésicale ou hématurie d’Egypte). Cette maladie est contractée par les
individus marchant pieds nus dans les terrains humides, spécifiquement dans les pays
situés dans le Moyen-Orient et en Afrique.
> Symptômes
Tout d’abord, le malade présente une affection cutanée à l’endroit de
pénétration des cercaires (larves de schistosomiase) se traduisant par l’apparition
d’une dermite papuleuse s’accompagnant d’un prurit (démangeaison). A
celle-ci s’associent des symptomes tels que de la fièvre, des maux de tête
(céphalées), des troubles intestinaux. Quelquefois une urticaire (réaction allergique)
géante.
Ce n’est qu’après un délai de trois mois que le parasite, une fois devenu
adulte, s’installe dans les veines de la vessie du patient. Ceci se traduit par des
difficultés à uriner, une pollakiurie (fréquence exagérée des mictions qui sont peu
abondantes) et une hématurie (présence de sang dans les urines) dont la caractéristique
est de survenir en fin démission de l’urine (hématurie terminale). L’examen
des urines au microscope montre la présence des oeufs. La cystoscopie (visualisation
directe de l’intérieur de la vessie par l’intermédiaire d’un tube muni
d’un système optique) montre de petites zones hémorragiques et des tumeurs de
coloration framboisée.
D’autres localisations du parasite sont possibles : dans l’appendice, dans les
poumons, au niveau de la conjonctive.
Les complications susceptibles de survenir après une infestation par Schistosoma
haematobium sont des ulcères, des calculs, une insuffisance rénale, des fistules
urinaires (communications anormales), une hydronéphrose (augmentation de volume des
cavités rénales à la pression exagérée), des papillomes (ressemblant à des verrues)
et un cancer de la vessie.
2 - Schistosoma mansoni (bilharziose intestinale, splénomégalie
égyptienne). Cette maladie se retrouve au Moyen-Orient, en Amérique du Sud, en Afrique
ainsi que dans les Caraïbes. Le parasite vit à l’intérieur de la veine porte
(veine drainant vers le foie le sang de la rate et des organes digestifs), à partir de
laquelle les femelles migrent vers le foie, la vésicule biliaire et les veines du gros
intestin où elles vont pondre.
> Symptômes
- Diarrhée s’accompagnant de déshydratation (pertes importantes de liquide par
l’organisme)
- Cachexie (dénutrition à un stade terminal) progressive
- Hépatosplénomégalie (augmentation de volume du foie et de la rate)
- Cholécystite (inflammation de la vésicule biliaire)
- Les complications susceptibles de survenir sont une occlusion intestinale (arrêt du
passage des matières et des gaz), une hématémèse (vomissements de sang), une cirrhose
du foie (dégénérescence des tissus hépatiques), une fibrose pulmonaire (pouvant être
à l’origine d’une défaillance de la pompe cardiaque), une appendicite
subaiguë (d’évolution relativement rapide se situant entre aiguë et chronique).
- La présence d’œuf dans les selles confirme le diagnostic. Les œufs
présentent une caractéristique particulière : ils possèdent des épines latérales.
Quelquefois, la biopsie (prélèvement) du rectum sert également au diagnostic.
3 - Schistosoma japonicum (bilharziose artérioveineuse, schistosomia
intestinale, maladie de Katayama). Cette maladie se voit tout particulièrement en
Extrême-Orient où elle est endémique (permanente). Le parasite est plus petit que pour
Schistosoma mansoni et Schistosoma et haematobium. Il vit dans les artérioles et les
veinules de l’intestin grêle de l’homme. On le retrouve également chez les
bovidés et d’autres animaux. Le patient présente une fièvre élevée, une
urticaire et un œdème angionévrotique. Celui-ci est constitué par une collection
d’eau située soit dans le derme (partie profonde de la peau) soit dans
l’épiderme (couche superficiellle de la peau) ou dans les muqueuses de certains
viscères. Le laboratoire retrouve un nombre élevé de globules blancs de type
éosinophiles (variété de globules blancs apparaissant quand il existe une parasitose :
présence de parasite, de l’organisme). Tardivement apparaît un syndrome de
dysenterie (présence de sang dans les selles) associée à une anémie. Quelquefois, mais
très rarement, le patient présente une complication cérébrale accompagnée
d’épilepsie de forme bravais-jacksonienne. L’épilepsie bravais-jacksonienne
est une épilepsie partielle se caractérisant par des secousses localisées d’un
groupe musculaire des bras ou du visage et pouvant s’étendre à la moitié du corps.
Le labo pose le diagnostic en mettant en évidence les œufs dans les selles des
patients et éventuellement en effectuant une biopsie du rectum.
4 - Schistosoma intercalatum (bilharziose rectosigmoïdienne). Cette
forme s’observe essentiellement en Afrique occidentale.
5 - Schistosoma mekongi, forme de Schistosoma qui se rencontre en
Thaïlande et au Laos.
Traitement
> Pour la Schistosoma haematobium, du
métrifonate, de l’oxamniquine ou de la praziquantel.
> Pour la Schistosoma mansoni, de l’oxamniquine en dose unique en
Amérique du sud et en trois doses en Afrique, ou de la praziquantel.
> Et enfin pour la Schistosoma japonicum, la Schistosoma mekongi, et
la Schistosoma intercalatum, de laa praziquantel trois fois par jour 2 jours de suite.
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